Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture
Les grands singes gorilles, chimpanzés, orangs-outangs et bonobos
partagent avec les humains plus de 96 % de leur ADN, au point quun
taxinomiste venu dune autre planète nous classerait probablement comme
une des espèces de singe africain. Si nous devions perdre une seule de
leurs espèces, nous détruirions une partie du pont qui conduit à nos
origines et, avec elle, une part de notre humanité même. Or,
aujourdhui, toutes les espèces de grands singes sont confrontées à un
risque élevé dextinction, dans un avenir immédiat ou au mieux dici
cinquante ans. Nous, humains, sommes les principaux coupables. Les
guerres civiles, le braconnage, le commerce danimaux vivants et,
par-dessus tout, la destruction des forêts, prélèvent un tribut de plus
en plus lourd. Déjà, le chimpanzé commun a disparu de trois pays, le
Bénin, la Gambie et le Togo, et le Sénégal pourrait être le prochain.
Pour prévenir une autre vague dextinctions, lUNESCO et le Programme
des Nations Unies pour lenvironnement (PNUE) ont réuni des
représentants de tous les pays abritant des grands singes, des
bailleurs de fonds et des organismes de protection de la nature afin
délaborer un plan de survie pour ces animaux, le GRASP (Great Apes
Survival Project). Combien faudra-t-il de temps avant que ce plan se
traduise en actions ? Cest le sort de nos parents les plus proches qui
est en jeu.